Dia de muertos

Publié le par mastacheaumexique

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      Amis, parents, lecteurs, ne vous inquiétez pas. Mon silence quelque peu prolongé  n’est absolument pas du à un incident malheureux que me serait arrivé, mais seulement le résultat de l’enchainement de nombreuses fêtes (c’est fou le nombre de personnes nées en Novembre) et l’augmentation de la quantité de travail du à la fin de semestre qui approche. Cela ne m’empêche pas cependant de continuer à développer mon coté touriste très curieux ;

               Je vais vous parler dans le présent article d’un autre temps fort du calendrier mexicain :

 

 

 el Dia de muertos.

 

 

       Littéralement, le nom de cette fête se traduit par le jour des morts. Elle est célébrée le 1er et 2 de novembre. C’est une fête très particulière  au Mexique, quelques autres pays d’Amérique centrale (Guatemala, Belize), et dans le sud des Etats-Unis due à la forte présence de communauté mexicaine notamment en Californie. Cette fête trouve ces origines dans le culte des morts de la culture  précolombienne. Le rapport à la mort dans cette culture est très différent de celui que l’on connaît en Europe. En effet dans différentes cultures précolombiennes, le fait de mourir de vieillesse est considéré comme une mort honteuse. Pour mériter sa place dans l’inframonde (équivalent des Enfers grecs), il fallait mourir à la guerre, se donner en sacrifice ou encore plus simplement avoir un accident mortel (noyade, chute…). Selon ces mêmes cultures, la mort n’est pas une perte mais plutôt un passage vers un autre monde qui amène à une renaissance. A l’origine, le culte des morts était tellement important qu’on le célébrait durant 2 mois entiers. Les Espagnols, en apportant leurs propres traditions du culte des morts inspirées de la religion catholique décidèrent  de réduire le culte à seulement 2 jours et que ceux-ci correspondent à leur culte à eux, c’est-à-dire la Toussaint. Cependant, pour les Mexicains, le jour des morts n’est pas une fête religieuse mais un devoir qu’ils ont envers leurs défunts.

               Pour honorer leurs défunts, les Mexicains dressent des autels dans leur maison et font des offrandes  à leurs morts. Les offrandes sont généralement de la nourriture ou des boissons qu’aimait le défunt célébré. Ainsi, si c’était un bon buveur, on met souvent une bouteille de Tequila en offrande. Si c’était un gourmand, on lui offre des sucreries etc. Le jour des morts est aussi l’occasion d’aller se recueillir sur la tombe du défunt, d’y faire le ménage, de déposer quelques fleurs. Mais pas de long silence méditatif au bord des larmes. Au contraire, toute la famille se met dans la joie et la bonne humeur à ramasser les feuilles tombées, à aller acheter des fleurs vendues pour l’occasion à l’entrée du cimetière, à remplir des seaux d’eau pour arroser lesdites fleurs. On entrecoupe les travaux par des pauses pendant lesquelles on boit des coups à la santé du défunt. De même, si ce dernier aimait bien la musique (Mariachi et Banda principalement), on invite un groupe à jouer sur la tombe afin que le défunt en profite au même titre que les vivant. Il est de coutume en fait de passer la nuit du 1er au 2 dans le cimetière, à faire la fête en l’honneur du mort. Des dortoirs sont même s ouverts pour cette occasion.

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         Bref, nos cimetières français ressemblent à un régime sous dictature en comparaison à tout ce que l’on peut faire dans les « panteones »   mexicains en particulier pour le jour des morts. Comme vous pouvez vous l’imaginer, le jour des morts comme quelques fois la Toussaints en France, c’est l’occasion de réunir toute la famille autour de la tombe des grands parents, ou d’un proche, mais toujours dans la joie et la bonne humeur. On installe un grand marabout dans le jardin et on mange, on discute, on rigole on boit jusqu’à une heure plus ou moins avancée.

               Outre le caractère personnel de cette fête (on honore ces morts pas ceux du voisins), il règne tout de même une ambiance de fête général. En effet, les mairies installent des décorations sur les places des villages (principalement d’immense personnage qui sont des squelettes en costume), des offrandes générales comme celle du Zocalo, la place principale de la capitale ou encore les innombrables offrandes installéePan-de-muertos.jpgs sur le campus de l’université autonome de Mexico.

               On ne peut pas parler du jour des morts sans parler des différentes spécialités qui se mangent pour l’occasion. La principale c’est le pan de muertos , le pain des morts (pour les vivants). Il s’agit d’une sorte de brioche qui a un gout de beurre très prononcé. Il est formé d’une boule au centre représentant le crâne du mort, de rayures qui partent du centre représentant les os et pour finir le sucre saupoudré symbolise le sang. Une autre spécialité de cette fête est la Calavera. Ce sont des cranes en chocolats ou en sucres qui sont souvent déposés en offrandes, mais qui se consomme aussi énormément.

               Il est aussi devenu coutume ces 10 dernières année de sortir avec ses enfants déguisés et d’aller de porte à porte pour demander des sucreries. Une coutume qui n’a rien a voir avec les rites ancestraux de ce continent et qui est le résultat d’un influence néfaste de leur voisin du nord qui encore une fois comme on peut le constater impose ses pratiques aux détriments de celles traditionnelles.

 

 

 

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